Déconfinement Jour 1

 

 

LA LIBERTE

 

 

DSC_0105 - copie

La nouvelle liberté, crayon et fusain, 27,3 x 35,7 cm, mai 2020, copyright Diane Alazet

 

 

Il y a encore quelques mois, le terme de « Liberté » revêtait pour nous tous un sens relativement universel. Une valeur forte et sans concession. On était libres ou on ne l’était pas, en camisole ou à l’air libre. Et puis, tout a changé. On a connu le confinement. Mais qu’est-ce que c’est le confinement ? Un enfermement pour le bien commun ? Une mise en cellule éclairée ? Et très progressivement, le terme de Liberté a été questionné, puis peu à peu déplacé.

 

Déconfinement Jour 1. On savait que la période serait dure, mais on imaginait une chronologie brève, structurée, avec un début et une fin. Et en mars dernier, le terme « déconfinement » avait pour nous valeur de changement de chapitre. On se disait, sans douter, que le monde pourrait reprendre son cours. Au lieu de cela, un déplacement sémantique. On nous a volé le sens du mot « liberté ». 2020, pandémie mondiale, La liberté est devenue une créature hybride avec laquelle il faudra maintenant composer. Un semi mot vidé de sens, une demi valeur moribonde. Un pari. Une idée à pondérer. J’écris tranquillement ces mots tout en refusant d’y croire. Alors ce serait ça la nouvelle liberté ? Une idée à pondérer ? Hors de question.

 

Déconfinement Jour 1. Déconfinement. Quand notre conception la plus concrète de  liberté n’est qu’une demi molle. Quand l’idéal est tempéré. Le monde a tiédit. Et on ne peut pas laisser faire. On ne peut pas. Quand l’homme libre est celui qui reprend le chemin du travail, par obligation, la boule au ventre, dans un climat saturé de peur en laissant son enfant à des enseignants qu’on ne respecte pas dans une institution qu’on ne respecte pas et qui n’est pas prête… Et partout dans les couloirs, dans les salles de classes anxieuses, on entendra le murmure d’une voix outre-terre, un échos des mondes parallèles du palais de l’Elysée qui conseillera avec ferveur d’  « Enfourcher le tigre ». Oui, je sais c’est facile de taper sur le gouvernement. Personne n’était préparé. Mais ça ne dispense de rien.

 

Je refuse de transiger sur ma définition de la liberté. Et je refuse qu’on me l’impose. Pourtant, personne n’a le choix. Et s’il est impensable de transiger, nous pouvons réinventer. Peut être que dans dix ans,  lorsque vous googlerez le mot « Liberté », les images auront changé. On ne verra peut être plus de prisonniers libérés, plus d’oiseaux sortis des cages, plus de corps à l’air libre devant des espaces inconquis. Et je me demande ce qui les remplacera. C’est à nous d’en décider…

 

Nous devrons nous battre. Et s’il faut reforger nos termes, le temps est venu de les reforger bien. Comme chaque fois, la suite dépendra de quelques millions d’entités sociales et intimes, d’individus inquiets mais debout. La suite dépendra de nous. Et nous devons forger. Nous le devons.

 

Liberté, Liberté chérie.

 

D.A

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s