Dans la boutique des inventions

Cartographie intime I, dessin sur parchemin, 21 x 29,7, décembre 2020, Copyright Diane Alazet

Il est une chose extraordinaire avec la création ; elle ne s’épuise jamais. Oh parfois on se laisse dépasser par les doutes et les questionnements mais la roue tourne toujours. Un matin, on se réveille, le cœur battant à mille à l’heure, les pensées se succèdent avec vivacité, on sait que c’est reparti. Dans ces moments d’adrénaline, on contemple à nouveau la grande boutique des inventions. On entre sagement mais bien décidé à dénicher des ingrédients qui nous feront tout réinventer. Les étagères sont pleines de milliers de composants, des familiers, des moins connus. Je suis toujours tentée d’attraper mes compagnons de route, quelques blocs de fusain, un crayon noir tout simple. Mais cette fois, j’ai trainé dans la boutique des inventions pour pouvoir contempler la pluralité matérielle.

Et je fus toute émue de son immense richesse : dans les rayons étroits, il y avait tous les instruments des créateurs, des artisans, des peintres et des dessinateurs. Là, des pastels par milliers. Ils contenaient des couleurs que je n’avais jamais vues. Ici, de l’aquarelle. A gauche des matériaux aux textures enchanteresses, à droite, de drôle de collages et des superpositions d’objets. C’est bien la boutique du renouveau d’inspiration. Il suffisait d’ouvrir les yeux, tout était à portée de main, à portée d’imagination. Alors, je remarquais un petit tas de vieux papiers. Tiens, des parchemins. Mais à quoi cela peut-il bien servir ? Comment créer-t-on sur parchemin ? J’attrapai l’une des feuilles et elle fit chauffer mes deux mains. « Je reconnais le signe, c’est donc mon matériau ». 

Je payais le propriétaire et m’en retournai chez moi. Tout juste arrivée, je déballai mes emplettes. « Mmmh, que vais-je faire de toi ? ». Soudain, je me remémorais les vieilles cartographies qui m’avaient fasciné lorsque j’étais enfant. « Voilà, c’est ça. Je vais créer une carte, ce sera ma première expérience de dessin sur parchemin ». Alors il fallut s’activer et ne rien laisser au hasard pour esquisser mon petit monde. Ces milliers d’étagères contenait un trésor et elles ont le mérite de faire vibrer l’âme des artistes. Je terminais ma petite œuvre, toute contente à l’idée d’avoir expérimenté une création nouvelle.

Je m’endormais paisiblement, sereine, joyeuse. Je connaissais maintenant l’existence de la boutique des inventions et je me disais simplement « Les artistes ne sont pas seuls ». Alors je me blottis contre ma muse ensommeillée.  

D.A

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