De la résistance par l’espoir

Gare Saint Lazare dans les nuages, Série Surimpressions, photographie, mars 2022, copyright Diane Alazet

Inutile de le nier, nous naviguons en eaux sombres. Le climat international aura été mis à rude preuve ces dernières années : le covid, la guerre en Ukraine, la fissure des démocraties, la crise climatique. Nous avons dû nous confronter à mille et une idées de la mort – comme cela n’était pas arrivé depuis très très longtemps. La mort collective, en premier lieu, due à la pandémie par la transmission d’un virus, puis celle des batailles violentes orchestrées par un homme fou sur un peuple entier, nos voisins. Le risque d’une guerre atomique dans les négociations. Puis, la menace environnementale qui pèse chaque seconde plus fort sur nos têtes épuisées. Bref, pas jouasse la période. Pas très fun d’être un humain en 2022. (Sans compter qu’à l’heure où je vous parle, je ne connais pas encore les résultats des élections du 1e tour des Présidentielles car j’écris mes articles le samedi).

Alors, une fois ces constats dressés, que fait-on ? Difficile, en effet, pour un humain dépassé de ne pas tenter de s’aveugler ou pire se renfermer sur soi-même, terrassé par le fatalisme et le doute et la peur. Je crois fondamentalement qu’il existe de meilleures options. Se battre, par exemple. Il y a mille et une manières de lutter : l’une d’elle consiste en un refus de l’angoisse et de la passivité. Le combat par l’espoir et par la Résistance. On croit trop souvent qu’il y a des âmes nées pour être révolutionnaires et d’autres non. Ce me semble absolument faux. Il y a la vie, l’histoire, les gens et les évènements. Ensuite il y a des situations qui se prêtent ou non à devenir acteur du monde. Le courage n’est pas pré-inscrit dans le caractère d’un individu , il n’est pas dans son ADN, pas dans ses caractéristiques de naissance.

Agir et résister c’est avant tout un choix. Il y a des milliers de manières de le faire : certains montent au front et choisissent d’être utiles physiquement (soldats pour la guerre, activistes pour l’environnement, militants en politiques etc.). Certains préfèrent combattre le désespoir mental (artistes, intellectuels, psychologues). Certains risquent leurs vies pour porter des informations véraces, montrer au monde les faits, produire des discours et des images sur l’irracontable (journalistes, reporters, photographes etc.).

Peut-être devrait on se questionner sur sa propre force ? Qu’est-ce que chacun d’entre-nous peut apporter à cette (étrange) époque. Aucune réponse n’est faible. Chacun combat avec ses armes. Dans une horde équilibrée, nous trouvons des archers, des guérilleros, des stratéges, des chefs de files. Mais aussi des cuisiniers, des gardes, des éclaireurs, des soignants. Une bonne horde se doit de contenir tous les profils, tous les outils, toute la diversité. Nous devrons être cette horde, avec ses désaccords et ses contradictions, ses peurs, ses doutes.

Quelle sera votre outil dans la résistance moderne ? J’ouvre l”’éducation européenne”, ”les Racines du ciel” et ”Les cerfs volants” de Gary et je comprends que la mienne sera certainement dans la lutte contre le fatalisme. Toujours, il restera de la lumière dans ce monde. Les torches doivent rester bien vivantes.

D.A

2 réflexions sur “De la résistance par l’espoir

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