Inventer des mondes et des contes

Le terminal des poètes, live d’illustration en cours, aquarelle, planche 4, 2022 copyright Diane Alazet

Depuis quelques semaines maintenant, j’ai un cap en tête : la réalisation d’un livre d’illustration. Il aura fallu vingt huit ans pour comprendre que mes passions respectives pour l’écriture et le dessin pouvaient se fusionner en un médium commun. Alors, j’ai commencé ce travail de longue haleine. Première étape : déterminer l’histoire. Il faut imaginer proposer carte blanche à un esprit nourri de milles imaginaires, un esprit un peu fou, fasciné par l’absurde, déboussolé mais sur la route. Imaginer une injonction à inventer un monde avec ses propres règles et son propre système. Il faut tout repenser : les lois, la politique, la mentalité collective, le système pécunier, la monnaie, la valeur du temps et de l’argent, tout. Un monde où tout doit être re-programmé. Exercice fascinant. Lâcher sur du papier mon chaos créatif et l’organiser en histoire. Mettre de l’ordre dans les idées, les combiner, les agencer pour y bâtir une structure où les lecteurs iront vaquer. Créer un refuge pour les âmes écoeurées du monde, celles qui ne croient plus, celles qui ne rêvent plus. Injonction à l’espoir et à la résistance contre la fatalité du monde.

Puis, vient le travail d’illustration. Prodigieux exercice que celui-ci : une page blanche, des idées, un crayon, l’aquarelle. Et paf, une heure passe, un monde est apparu. Un monde bien vivant, visuel, quelque chose de tangible, plus réel que les mots. Il faut déterminer la charte graphique, la tête des personnages, l’épaisseur de leurs traits. Puis, les goûts vestimentaires. Puis la personnalité. Choisir l’univers global, sa structure, ses tons chromatiques et leur évolution dans le récit. Des recours répétés aux cours d’analyses filmiques où le petit moi du passé scrutait des successions de plans en les décortiquant pour leur trouver un sens. Cette fois, c’est pour ma pomme. Je dois créer mon propre monde. Dessiner les planches une à une comme on construit un story-board. Les angles de vue, les partis pris visuels, esthétiques, le choix des couleurs, des médiums. Ici, du crayon de couleur, là de l’aquarelle, plus loin de l’acrylique. La sensation d’avoir poussé les portes d’un royaume sans limites, imaginer des contes pour qu’ils voyagent dans d’autres yeux, dans d’autres bouches, dans d’autres têtes. Et l’espoir qu’ils existent pour un grand nombres de lecteurs, qu’ils vagabondent ailleurs. Le voeu (un peu mégalomane) qu’ils traversent le temps.

Alors, devant mes feuilles vierges, je rêve de ce nouveau monde à bâtir. Je rêve aux aventures qu’il reste encore à écrire, à raconter, à inventer, à construire. C’est l’injonction du rêve et je m’y plie sans négocier, car il est mon seul roi, le seul maître auquel j’obéis.

D.A

Retrouver la photographie

Palazzo Spinelli à l’eau du Finistère, Série Surimpressions, OLYMPUS DIGITAL CAMERA, mars 2022, copyright Diane Alazet

Cela faisait des années que je n’avais pas touché un appareil photo. Ça avait été comme une fièvre ; la découverte d’un médium fascinant vers l’âge de seize ans, des expérimentations, l’apprentissage. Puis, peu à peu, l’idée d’une piste plus politique, l’instrument comme preuve, comme objet de questionnement social. Il fallait aussi que la poésie vienne mettre son nez dans tout ça. J’ai eu la chance très tôt de pouvoir exposer mes travaux à Paris, durant mes études. Et puis l’échec d’un concours d’entrée à l’ENSP de Arles et puis le voyage et puis plus rien. Cinq années sans photographie, sans réelle production.

Je m’étais accoutumée à « couvrir » les évènements politiques par l’image, les manifs à Paris, les nuits debouts, les mouvements sociaux. Il y en aurait eu pourtant des occasions de partir vagabonder dans les cortèges furieux, entre les gilets jaunes, les manifs pour le climat et le black lives Matter. Mais rien. Pour les séries plus poétiques, intimes, artistiques, mille projets dans les tiroirs qui prenaient la poussière.

Alors en août dernier, en quittant Paris pour Bordeaux, j’ai refait mon site internet (www.dianealazet.com) et j’ai contacté toutes les galeries du coin pour repartir au combat. Drôle de constat pourtant : rien de neuf à montrer, je n’avais plus rien produit depuis cinq ans. Alors, j’ai ressorti mon vieux book en me disant : « voyons tout de même, on ne sais jamais ». Quelques jours plus tard, un appel de la Galerie Sixteen et de son directeur Jean Pierre Fleury, un projet d’exposition et l’idée de réaliser conjointement un livre avec ses photographies et mes textes. Une condition néanmoins : « Tu dois produire une nouvelle série ».

Alors, un peu la peur au ventre, j’ai réouvert mon photoshop et je me suis remise au travail. J’avais oublié ce que c’était… Ce sentiment de chimiste dans son laboratoire quand on confronte des centaines d’images pour les faire fusionner avec d’autres consoeurs, quand on est responsable de tout mais coupable de rien, quand on joue, qu’on travaille, qu’on module, qu’on transforme. Car il s’agit bien de cela, faire des surimpressions en photographie, c’est de la métamorphose. C’est l’aptitude à voyager dans le temps, être à deux endroits à la fois. Vous les choisissez, elles, parce que vous captez quelque chose que vous n’aviez jamais décelé, une ressemblance, un point commun, une émotion assimilée. Dans le laboratoire, vous vous amusez des souvenirs et vous faites danser la mémoire. Aucun contrôle mais un terrain de jeu infini aux millions de possibilités. Toutes ces combinaisons vous donneront parfois le vertige, surtout ne pas s’arrêter, pousser le curseur toujours plus loin. Tout doit être testé. Et parfois, sans crier gare, quelque chose jaillit, une surprise, une bonne combinaison, le tube à essais prend et ça vous dépasse complètement. La composition ou la couleur, le mélange de deux formes, n’importe quoi. Parfois, vous l’avez et ça vous saute aux yeux. Il faut parfois des heures d’expérimentations pour avoir la bonne prise et croyez-moi, ça vaut le coup. Ce moment extraordinaire où vous avez saisi quelque chose du monde et de vous-même, ce moment où le coeur tambourine à tout rompre, où le cerveau éructe, où le corps est en sueur. Et vous tenez votre eurêka. Alors, bien installée, je me sens reconnaissante, reconnaissante d’avoir la chance de connaitre ce sentiment et viscéralement fière d’avoir repris les armes.

D.A

Dans la peau du navigateur

Navigateur, aquarelle, 21 x 29,7 cm, 2021, Copyright Diane Alazet

Je n’ai jamais très bien compris la nécessité de l’ordre. Partout où l’on m’assignait des objectifs de compétence, je dégainais une arme plus puissante qu’aucune autre, une longue vue double face pour observer le monde. On y apercevait deux visuels distincts. 1. l’image de la réalité 2. Un univers créé de toute pièces par la force de l’imagination. L’objectif : transgresser les habitudes, percevoir différemment, apprendre à regarder le monde avec d’autres yeux. Dans un drôle de système où il faut être performant, rentable, productif, un petit poète doit chercher à inventer d’autres termes, changer les chiffres en rêves, construire de nouvelles formes. Alors, j’ai dessiné une vieille carte du monde. Cinq semaines, un voyage. De recruteur de donateurs je suis devenue navigatrice, explorateur. Cinq semaines pour conquérir le monde, ramener des ressources, noircir les cartes de noms, de mots, de villes parcourues. Une journée productive = le passage d’un lieu à un autre. Apprendre à regarder le monde sous un regard décalé, biaisé, détourner le sens du système pour qu’il vous corresponde, qu’il fasse sens pour de bon. Nous pouvons changer la société, c’est une nécessité. Mais il faut aussi être capable de transmuer sa perception. Comme le monde est ennuyeux sans l’ajout de la création. Apposer au réel le sceau de l’imagination. Aucune limite n’est tolérée car l’extra-ordinaire est partout : dans la répétition des jours, dans l’attente, dans les chiffres, dans la quête d’un avenir, dans les rues, les salles de cinéma, les bars et les cafés bondés, dans l’ennui, dans la peur, dans le vide, dans l’excellence. L’ordinaire n’est qu’une moitié d’un tout.

Alors, je noircis tranquillement ma carte. Voyager de Paris à Londres, de Londres à Athènes, d’Athènes à Vienne en parcourant la Vendée. Plus rien n’est impossible. Les limites sont suspendues. Je peux faire le tour du monde en restant sur les terres françaises. Je peux devenir capitaine de navire en brandissant un kway associatif. L’inertie n’existe plus. Le mouvement est partout. Voir le monde sous d’autres yeux, c’est accepter d’être nomade, toujours, chaque fois. C’est ne plus jamais quitter la route même quand les pas sont à l’arrêt. On parle de l’importance du voyage physique, mais on ne mentionne jamais assez la nécessité du vagabondage de l’esprit. L’imagination produit ses propres cartes, ses univers distincts, ses couleurs, ses perceptions. Je parcours mes cartographies sur le pont du navire. Capitaine. Naturaliste. Explorateur. Navigateur. Il faut prendre la route pour mater l’ennui.

D.A

La balançoire et les pirates

La balançoire et les pirates, fusain et marqueur, 27,3 x 35,7 cm, juin 2021, Copyright Diane Alazet

Je vadrouille pas mal en ce moment. J’aimerais vous raconter ma dernière aventure en date. Il y a quelques jours, je suis allée rendre visite à ma soeur, son futur mari, mon neveu et ma nièce. Une demi journée en mouvement, un Jack London flambant neuf dans le sac, la poésie des voyages en train, la succession des quais de gare avec l’envie irrépressible d’investir tous leurs noms, d’exister dans ces villes, d’y déposer une trace. Laisser l’esprit vagabonder vers des contrées métaphysiques, réfléchir en poète, regarder en artiste. En littérature, on dit que le propre d’une utopie est d’être un lieu difficile d’accès, loin, si possible saturé d’obstacles. Et j’en ai traversé pour arriver au petit paradis où j’ai établi mon baluchon quatre jours durant, dans le sud, chez ma soeur. Mon coeur tambourinait, comme aux heures où l’on s’apprête à rentrer au village ; c’est bien ce que ce lieu est devenu pour moi, un havre de joie où Le jeu est de mise.

Alors, après six mois, j’ai retrouvé mes deux lumières, petits bouts de chou d’existence qui m’inspirent prodigieusement. C’est fou comme nos plus grands maîtres sont loins des places où on les cherche. Mais à trois ans on sait la force de l’essentiel. On tâtonne, on tombe, on essaie, on triomphe. On apprend, on est frustré de nos approximations de langage, on communique différemment, on persévère. Alors, tranquillement installée dans ce salon remplie de jouets, j’ai suivi les deux petits guides. Ils m’ont fait voyager vers des cartographies anciennes, dans des mondes invisibles où ils sont seuls monarques. Dans les bruits et les rires et les jeux et les lectures, nous avons vadrouillé vers d’autres aventures. Le vélo du jardin est devenu un navire, j’étais le fidèle mousse et mon neveu le capitaine. Les trente degrés à l’ombre se sont transmués en tempête, les vagues rugissaient furieusement, nous avons tourné à tribord.

Dans sa petite marmite en fonte, nous avons préparé le repas à base d’ingrédients exotiques que les adultes ne mangent pas. Chaque fois, c’est la même chose et je crois que ça ne changera jamais. Je repars l’âme gonflée de leçons ineffables dont seuls les enfants ont la clé. Je me sens toute émue de ne pas avoir quitté le navire des imaginaires et d’y garder une place, malgré toutes ces années. Dans leurs aventures fabuleuses, je veux toujours avoir un rôle. Au fond ma vie n’a jamais eu d’autres buts que celui de jouer. J’ignorais qu’il était possible d’aimer des êtres si forts. Ils sont ma famille, ma meute, mes frères, mes camarades d’imagination. Et rien de tout cela ne serait possible sans la présence bienveillante, forte et poétique de ma soeur. Merci, petit havre de joie, merci petite meute agrandie, merci de me permettre de côtoyer les rires et ces regards tout pétillants qui me feraient soulever des montagnes. Merci.

D.A

Du pain et des jeux

Je me souviens d’un rêve : dans la lourdeur du monde où les rues étaient grises, où les dalles étaient tristes et les passants maussades, je vagabondais joyeusement dans les rires de mes camarades. Nous étions résistants. Le bruit de nos airs entonnés perçait le silence solitaire. Un petit groupe d’âmes en révolte luttait contre « ce qui n’est pas joie ». Après des semaines difficiles j’ai retrouvé la voie des jeux. Il fallait contrecarrer les plans des mentaux hyperactifs, réfléchir autrement et se contraindre au rire. Armée de mes fidèles outils, crayon, cartes à dessiner, marqueur, j’ai tenté d’annoter tout mon imaginaire. J’ai éjecté mon monde sur des rectangles cartonnés, transvaser tout un univers du cerveau au jeu de cartes.

C’est une cartographie intime de mes lieux de replis, une longue vue millimétrée de mes points cardinaux. Quatre jours durant lesquels la vie s’est soudain transmuée en terrain de jeu grandeur nature. Qu’il est bon de s’octroyer le droit d’agir comme un enfant. Chaque jour une nouvelle carte pour voir le monde sous d’autres yeux : mercredi j’ai réfléchi dans la langue italienne, jeudi, j’ai avancé sur la longue route vers Ba Sing Se (il faut avoir dévoré la série d’animation Avatar pour comprendre la référence), vendredi j’ai dû « Faire quelque chose que je n’avais jamais fait » (ce qui s’est rapidement transformé en « fais pleins de choses que tu n’as jamais faites ») et samedi, j’ai fêté mon non-anniversaire.

Rien à faire, je ne comprends pas que nos enseignants aient omis de nous apprendre la joie. Personne ne nous apprend à devenir des êtres libres, c’est la route sinueuse qu’emprunte les solitaires. Certains briseront leurs chaines dans l’activité sportive, d’autres dans la création, d’autres dans la vie de famille. Mais pourquoi personne ne m’a appris à raisonner en jeu de carte ? Un problème, un jeu de carte. Ça semble tellement simple. Il existe une règle néanmoins à ne jamais bafouer : il faut croire à la méthode. Comme un enfant visualise le terrain de son champs de bataille à l’heure où sonne les cors de brume, comme il voit les vagues déferler dans la tempête des mers du Nord, la Calle remplie de provisions et de bouteilles de rhum vieillies, comme il voit son armée s’entrechoquer aux ennemis lorsqu’il s’élance confiant derrière les bannières du pays – pour rêver, il faut croire.

Je dois croire viscéralement aux dieux des mondes imaginaires, croire – comme Alice – aux six choses impossibles. Voyons un peu. 1. Je crois que la terre est un triangle 2. Les mathématiques n’existent pas 3. Je suis capitaine de navire 4. J’ai découvert les Amériques 5. La viande est un légume 6. Les hommes sont tous bons 7. Les artistes sont des rois 8. Je possède un immense château et des hectares de végétation + des serres de botaniques exotiques 9. Je suis immortelle 10. Je peux tuer le Leviathan. Peut-être que le bonheur ne repose que sur l’absurde. Peut-être qu’il ne tient qu’à nous de redonner un sens au monde. Une rose des vents désorientée, sciemment redirigée.

Au nord, je place Le pain et les mets réconfortants, au sud les jeux et l’écho prolongé des rires. A l’ouest, je dessine les plaisirs de la création, à l’est ceux de la culture. Ma bouche a ri, bu et mangé – Mes mains ont travaillé, récolté et créé – mes yeux ont lu et contemplé et tout mon corps, en paix, s’en va remercier la clameur. Et mes cellule crient à tue-tête : « Que règne le pain et les jeux ! ».

D.A

Jouer les fins de parties

Jouer les fins de partie, photographie, 30 X45 cm, octobre 2020, Copyright Diane Alazet

En cette période de doutes, de misère, de peur, de perte, il me semblait fondamental de souligner la nécessité de continuer à jouer. Bien sûr c’est difficile, difficile de laisser son pion sur le plateau, difficile de battre les cartes quand tout semble déjà joué. A ce stade, il existe deux joueurs : ceux qui changent de stratégie et qui rattrapent leur retard et ceux qui baissent les bras et boudent le gagnant. Je vous propose seulement de re-jeter les dés. Rien n’est fait, rien n’est dit, rien n’est figé. Certains commerces se sont pris une claque monumentale, les restaurateurs, les emplois précaires, oui… Mais comme au jeu de l’oie, il reste maintenant deux options.

Il y a de la poésie dans les fins de parties. Beckett en a même fait un titre. Encore faut- il les jouer et leur donner leur chance. Je pense plus largement à la beauté folle des après. On parle toujours de l’évènement, jamais de l’instant d’après, on parle des batailles, jamais du lendemain. Vous savez cette minute qui sonne le gong final. Vous allez au resto, vous avez très très faim, vous commandez un plat bien bien fat et vous le dévorez derechef. Je parle de ce moment où vous devenez repu, où la faim violemment est remplacée par le trop plein. C’est un sentiment sans pareil, indélébile, insolite, étrange, incroyablement troublant. Je me demande naïvement pourquoi personne ne parle de ces instants là. Les secondes qui succèdent à une baise sauvage. La fin d’un repas arrosé. Les minutes qui achèvent des retrouvailles entre amis, lorsque chacun reprend sa route et qu’on se quitte tous au virage.

Les fins de parties c’est à la fois la satisfaction d’un désir et l’anticipation d’un futur. L’après contient en acte la prise en main des armes pour aller conquérir d’autres évènements, pour aller vivre d’autres après. Et je me demande si nos quêtes n’existent pas essentiellement pour la satisfaction de ces lendemains de batailles – encore bien davantage que pour l’événement en lui même. Quand on perd une partie, il suffit de recommencer et un jour, la roue tourne, comme elle l’a toujours fait. Il y a tant de beauté dans ces instants d’après que le monde semble se courber pour honorer le temps des hommes. Tout est stagné, figé, mis sur pause – entre le coeur battant de la minute d’avant et les bras au combat de la minute suivante. Les temporalités changent et la quête éternelle des hommes à mettre le présent sur pause est brutalement réalisée, pour une minute ou deux.

C’est une exhortation à relancer les dés. Jouez les fins de partie, résistez, jouez les, ne serait ce que pour vivre la splendeur d’après jeu.

D.A

L’importance du point de vue

Journée de fête, photographie, 30 x 45 cm, Copyright Diane Alazet

Il y a mille et une manières de photographier une scène. A ras le sol. De face. De dessus. De dessous. On peut choisir d’isoler un élément. On peut magnifier tout le cadre. On peut même capter le décor du contre champ de la scène. Alors, amis lecteurs, à l’heure des réseaux sociaux, il est important plus que jamais d’avoir son regard propre. Ce peut-être, pourquoi pas, l’exercice de la journée ? Trouvez une scène quelle conque et prenez le temps d’observer. Prenez le temps d’appréhender votre propre poétique : dans les détails ? Dans le tout ? Dans les reflets ? Dans les formats ? Tout est bon à saisir pour la formation du regard. Je pense que cette approche fait partie intégrante de la construction de soi. La quête de la découverte du monde et des hommes passe par l’observation. C’est la première des grandes étapes dans tous les domaines existants : science, art, mathématique et j’en passe.

Vous savez comme moi que les réseaux sociaux sont déjà sur-saturés d’images identiques, d’iconographies semblables. Cela tient sans doute au fait que pour beaucoup d’entre nous, la mise en scène d’une photographie est précisément calculée pour correspondre à ces images déjà existantes. Peut-être qu’en retournant le processus, nous accéderions à quelque chose de plus intime, de plus vrai ? Et si le clic final materialise notre oeil plutôt que l’oeil social ou celui de la toile… On assiste à quelque chose de sublime. Soudain, plus d’Iconographie des réseaux mais une toile grandiose aux milliards de regards, aux milliards de points de vue, de sensibilités, aux milliards de poèmes. Les hashtags deviendraient des mots clés vide de sens, de simple termes de classification. Les images qui les contiendraient seraient merveilleusement variées.

Je rêverais qu’ensemble nous tentions ce jeu. Les règles sont ouvertes. Il faut juste observer avec un regard neuf. Tous les points de vue sont bons à prendre ! J’ouvre aujourd’hui un petit concours poétique. Je me dis qu’à notre échelle, nous pouvons créer des remous. La thématique est la suivante : Scène de repas. A vous, pour une semaine, de prendre une photo différente, composer quelque chose de beau par un simple recours au réel. L’extraordinaire viendra de vos choix. Je publierai vos photographies les plus poétiques sur mon compte Instagram. ajoutez les hashtag #journalduneartistedulundi et #moniconographie. L’image que je présente est celle de l’article.

à vos regards, prêts, partez ! Le concours prend fin lundi prochain. Inondons la toile de poésie !

D.A